1 - Thème 2 : l’espace public pluriel

Coordinateur : Sébastien Rouquette. Terme polysémique, l’espace public est entendu ici comme l’espace de discussions et de débats citoyens sur les sujets communs d’une société. Les évolutions étudiées partent d’un constat partagé concernant l’augmentation et la diversification des formes de participations citoyennes dans l’espace public pluriel. Cette double évolution amène à s’interroger sur les questions suivantes et sur les interrelations entre les notions de fragmentation, de visibilité, de légitimité et de participation citoyenne.

Coordinateur : Sébastien Rouquette.

Terme polysémique, l’espace public est entendu ici comme l’espace de discussions et de débats citoyens sur les sujets communs d’une société.

1– l’étude de représentations médiatiques de questions de société

  • Il s’agit d’éclairer les processus de construction de représentations médiatiques pour en saisir les enjeux implicites et les logiques sous-jacentes : qu’est-ce qui tient à des facteurs culturels ou sociaux, qu’est-ce qui tient aux interactions entre les journalistes et leurs sources ? Plusieurs terrains sont étudiés.
  • A – le premier concerne l’étude du cadrage médiatique des risques volcaniques (L. Jacquez et S. Rouquette) : en médiatisant certains événements liés au risque (nuisances, mobilisations, catastrophes…), les médias peuvent participer à faire émerger une prise de conscience des risques. L’une des méthodes utilisées sera l’analyse des cadrages médiatiques des risques volcaniques par les journaux locaux.
  • B- un deuxième terrain concerne les représentations médiatiques de migrations (L. Jacquez, C. Brassier). La recherche part de l’hypothèse d’une faible médiatisation de l’intégration (sociale, professionnelle, linguistique, culturelle...) des réfugiés en France, alors que l’immigration est un sujet par ailleurs fortement présent dans l’espace médiatique ces dernières années, ce qui – si l’hypothèse se vérifie dans le corpus étudié – pourrait s’expliquer par différents facteurs à déterminer : les routines de travail des journalistes sur l’immigration, le travail des sources (associations, pouvoirs publics...), une difficulté des journalistes à saisir un sujet à bas bruit et peu visible ?
  • C -S’intéressant à la mode calédonienne, P. Gkouskou-Giannakou s’interroge entre autres sur la présentation des créations dans le discours des créateurs et des journalistes qui couvrent les évènements qui lui sont consacrés, par exemple lors les fashions weeks.

2 - Les dynamiques de publicisation de questions sociales

  • Quels sont les processus des mises en visibilité de questions sociales dans l’espace public pluriel ? Ces questions seront posées sur plusieurs terrains.
  • A - Pour C. Chauzal-Larguier et A. Dumas, il s’agit d’étudier l’émergence d’un espace public sociétal consacré aux questions de santé, à la publicisation de la prévention de la santé au travail. Elles vont notamment questionner la légitimité de l’entreprise à prendre en charge des problématiques d’utilité publique (risques psychosociaux, conciliation vie privée/vie professionnelle, bien-être au travail…). Des journées d’études seront organisées (en collaboration avec l’UMR 8070, U. Sorbonne-Nouvelle) chaque année sur le sujet.
  • B – K. Zouari s’attache à l’étude de la visibilité (ou l’invisibilité) dans l’espace public médiatique et numérique des migrants et des réfugiés, en s’intéressant notamment à la circulation des discours et des mémoires. Quels sont les supports et les médias utilisés pour la visibilité des migrants et de leurs récits et mémoires dans l’espace public ? Outre un colloque (2019), un numéro de revue de la revue québécoise Communication, coordonné avec Oumar Kane, est programmé sur ces questions.
  • C- E. Agbessi étudie la publicisation d’un discours revendicatif de la communauté afro-américaine. Il étudiera l’évolution du discours revendicatif de cette communauté luttant perpétuellement pour la reconnaissance de son droit à l’égalité politique, sociale et économique. Un intérêt particulier sera porté à la structuration de la narration de chacune des organisations étudiées. La thèse d’Anne-Lise Mialhe est attachée à ce projet.
  • D – Le quatrième terrain se rapporte aux méso-espaces collaboratifs destinés à la propulsion des initiatives entrepreneuriales. Parmi les questions de la recherche de M. Al Abdul Salam, certaines auront trait à la manière dont ces expériences peuvent construire un ensemble de valeurs et encourager leurs membres à promouvoir ces expériences dans l’espace public.

3 – Analyses communicationnelles des usages professionnels des dispositifs numériques.

  • Une partie des études est consacrée à la construction des savoirs et au développement de la réflexivité communicationnelle par l’usage de dispositifs numériques en ligne (M. Rollandin), tandis que d’autres travaux portent sur les sites internet en étudiant simultanément l’analyse de la production, de la structure des contenus et des usages de ces sites (S. Rouquette pour les sites des organisations ; K. Zouari pour l’étude du web “arabophone”).

4- Etudes des réceptions :

  • S’appuyant sur les connaissances issues des recherches précédentes étudiant la façon dont lecteurs et spectateurs interprètent les contenus médiatiques et publicitaires en fonction de ce qu’ils sont (genre, culture, parcours de vie) et de leurs représentations de soi, L. Jacquez et S. Rouquette étudient la manière dont des campagnes de communication sur le risque volcanique sont interprétées par des habitants locaux. Pour cela deux recherches de terrain seront menées à Aréquipa, au Pérou. Après une enquête sur la perception générale qu’ont les habitants du risque volcanique et de leur territoire Il s’agit de faire émerger les besoins, les questions et les représentations des habitants de la zone étudiée par rapport au risque volcanique, les pratiques d’information de cette population locale et leur rapport aux messages de prévention auxquels ils ont pu être exposés En effet, un premier programme de sensibilisation sur les dangers liés à l’activité volcanique a récemment été lancé à Arequipa, ce qui explique le choix du terrain d’étude parmi les pays andins couverts par le challenge 4 de l’I-site.